Faire un safari

Comment choisir une agence ?

Il n’est pas évident, depuis la France, de trouver une compagnie de safari digne de confiance, et d’avoir la garantie d’un séjour réussi. Je vois de plus en plus de blogs de voyageurs ou posts sur des forums qui incitent à ne rien réserver à l’avance et négocier comme des fous sur place. Il faut du temps, beaucoup de temps, des nerfs d’acier, et cela ne garantit pas la qualité de la prestation. Ces blogs sont généralement tenus par des jeunes backpackers qui sont ne sont venus qu’une fois faire un safari, et ont eu… beaucoup de chance.

D’abord c’est injuste. On ne négocierait pas comme ça avec un voyagiste français, et pourtant il a une marge importante sur la prestation. Le tour opérateur local ne peut pas se permettre de marger autant. Négocier avec lui c’est lui enlever son gagne pain. Les moins scrupuleux réduiront leurs frais, ce qui peut signifier moins d’entretien de la voiture, salaires plus bas pour le personnel etc.

Et si vous obtenez un prix défiant toute concurrence, avec juste un petit acompte… à vos risques et périls.

Quand on vit la moitié de l’année sur place, on en voit passer des voyageurs exaspérés ou désespérés! Que personne ne vient chercher à l’aéroport …  Et d’autres parfaitement sereins, il n’y a pas de secret, tout est dans l’organisation à l’avance.

Quand on veut faire un safari, on cherche:

  • un tarif qui ne soit pas indécent. Il faut se renseigner sur les tarifs pratiqués.
  • une bonne qualité de service: expertise de terrain, bon matériel, personnel qualifié.

Partir avec une agence locale, ça fait peur, mais c’est une garantie d’expertise de terrain. Un jour je suis entrée chez une grosse enseigne de voyagiste dans une ville française. J’ai demandé à faire un safari en avril. La dame m’a dit « pas de problème », m’a ouvert trois catalogues d’autres gros voyagistes spécialisés en safari. Je ne me suis pas étranglée en voyant les tarifs, ça paraissait correct. Mais:

  1. Avril c’est la saison des pluies, les routes sont impraticables à de nombreux endroits, et envoyer des voyageurs à cette saison sans leur dire c’est de l’ignorance ou de la malhonnêteté, en tous cas un manque de professionnalisme.
  2. Le contenu d’un séjour dit « 10 jours 9 nuits » est amusant: en tout il n’y a que 4 jours de safari, le reste c’est du transfert, des belles tournures de phrases pour combler du vide, des arrêts à des endroits surfréquentés.
  3. Elle était à peine plus aimable que la dame ci-dessous, ça peut relativement briser un rêve de voyage haha!

Bon, d’accord, y en a des très bien, je n’en doute pas. Mais je préfère les conseils de gens qui sont déjà allés dans la destination préconisée.

Computer says no !

Sans vouloir précher pour ma paroisse (puisque bien sûr j’ai des partenaires mûrement choisis dans le respect de nombreux critères), mais en tant que voyageuse moi-même, je vous conseille deux méthodes:

Méthode 1: Vous souhaitez un interlocuteur physique, dans une agence près de chez vous.

Dans ce cas, choisissez une petite agence indépendante et non une grosse enseigne. Elles ont souvent à leurs tête un(e) passionné(e) de voyage, très exigent(e) sur la qualité des prestations.

Méthode 2: Vous souhaitez le moins d’intermédiaire possible

Il suffit de rechercher vous même une agence locale sur internet, mais pas n’importe comment. Prendre le temps de croiser les avis de voyageurs, sur différents sites tels que le forum du guide du Routard, voyage-forum, le Petit Futé, Trip Advisor. Faire attention aux dates (s’il n’y a plus d’avis depuis 1988 c’est risqué !).  Si vous demandez un devis, ne comparez pas uniquement les prix, mais le contenu des programmes, l’éthique, les conditions générales de vente.

Les erreurs à ne pas commettre: en résumé

– sur place, dans la rue, beaucoup de jeunes proposent des safaris et distribuent des cartes de visite des agences. Ce sont des « flycatchers », traduction: gobe-mouche! Ce sont les rabatteurs, ils vantent les mérites d’une agence ou d’un atelier d’art et sont chargés de rameuter les clients dans leur local. Ils gagnent trois sous avec ce travail, mais s’ils sont bons et ramènent beaucoup de clients, ils peuvent ensuite espérer monter en grade et être embauchés comme porteurs, cuisiniers, etc. On ne peut pas leur en vouloir de mentirsur les qualités d’une agence!

– sur internet, passer par un « guide indépendant », même recommandé par des voyageurs satisfaits. Pourquoi ? D’abord que veut dire « indépendant » en Tanzanie?

Ton guide indépendant te souhaite la bienvenue !

Généralement c’est le synonyme de « pas immatriculé ». Si le guide n’a pas d’agence, il travaille seul, il doit sous traiter beaucoup, il n’a pas les moyens de payer des taxes donc il travaille au noir, donc: si vous avez un litige, un accident, vous n’avez aucun recours. Pas déclaré, pas responsable. Et on a vu, je vous assure, de très bons guides, disparaître dans la nature suite à un problème. Et recommencer sous un autre nom.

– vouloir faire tous les parcs en peu de jours. C’est fatigant, et ça fait beaucoup de route! Il faut aussi se reposer avant et après. Ce n’est pas une mauvaise idée de s’organiser un circuit qui comprend cinq jours de safaris, , puis une sortie culturelle à la rencontre des tribus, ou une visite de plantation de café, puis cinq jours de farniente sur les plages de l’océan Indien par exemple.  Et c’est moins cher que dix jours de safari non-stop. Il y a aussi des itinéraires impossibles avec un petit budget, par exemple le Serengeti en 2 jours: cela demande un jour de route pour l’atteindre. En si peu de temps il faut prendre un avion charter, ce qui augmente le budget.

A qui s’adresser?

Voici le résumé des différents choix, mais  il faut  savoir que (pas tous, mais beaucoup):

les grands tours opérateurs internationaux gagnent une fortune dont le pays et la population locale ne voient pas la couleur. Et les agents qui vous vendent un séjour n’y ont probablement jamais fichu les pieds!

Les grosses agences françaises: méfiez-vous de ceux qui disent être un portail de mise en relation avec des agences locales. Ils prennent un pourcentage indécent aux petits réceptifs locaux pour avoir une visibilité sur leur site internet.

Les sites de réservation d’hôtels: alors eux, c’est le pompon. Sur machin point com, vous réservez votre nuit d’hôtel à bon prix sachant que vous aurez peut-être une bonne chambre, ou bien la pire chambre au rez-de-chaussée avec le bruit, la chaleur et la sécurité douteuse. Vous aurez obtenu le même tarif par une agence locale qui sait négocier tout en connaissant les hôtels et pouvant choisir la meilleure chambre. Pourquoi préférer donner 20% de votre budget hébergement à un site international, alors que certaines agences locales soutiennent des projets locaux ?

Prendre une décision sans précipitation!

les grosses agences locales sont installées depuis 20 ans, ce qui explique leur essor et leur sol en marbre, mais si la qualité des prestations est assez souvent à la hauteur, on ne peut pas toujours parler d’une éthique irréprochable. Les salariés et saisonniers ne font qu’un temps et puis s’en vont quand ils ont plus d’expérience.

Les petites agences indépendantes de votre pays sont à cheval sur la qualité des prestataires choisis, leur réputation en dépend. Ils se mettent à votre place car ce sont souvent eux-mêmes des voyageurs chevronnés.

les petites agences locales , c’est très varié;  des guides confirmés qui aiment leur métier, leur pays et la faune sauvage, comme des petits escrocs baratineurs qui tentent leur chance  car il est assez simple de se faire passer pour un pro, avec un beau site internet. Il faut croiser les avis de voyageurs mais éviter les « guides indépendants » !

Zone de conservation du Ngorongoro

Qui je recommande

J’étais en Tanzanie depuis un mois quand je suis arrivée à Arusha, et je n’avais toujours pas vu d’animal sauvage. J’ai donc entrepris de me renseigner sur les diverses agences et le prix des safaris.

J’ai rencontré plusieurs personnes qui travaillent dans une dizaine de compagnies. Au bout d’une semaine j’ai fait une très belle rencontre: Stanley, qui m’a d’abord hébergé par Couchsurfing.

Stanley Manimo a grandi à Moshi, au pied du Kilimajaro: très jeune il a commencé comme porteur en montagne, à l’époque où le poids n’était pas limité, l’équipement pas vérifié, l’hébergement pas contrôlé. Les porteurs, pour un salaire de misère, moins de 5 $ par jour, avaient parfois 40kg sur le dos, marchaient avec des baskets dans la neige et dormaient dans des caves humides. Ce temps là est révolu heureusement ! Stanley a toujours adoré parler avec les voyageurs,  leur faire plaisir et les protéger des désagréments qui peuvent leur arriver à l’étranger.

Lors de mon premier séjour, il m’a présenté à l’agence dans laquelle il travaillait, Hotsun Safaris , qui m’a fait découvrir les parcs nationaux, et nous avions un partenariat jusqu’à l’année dernière. Puis la vie fait que cette agence a  suivi un autre chemin. Nous avons essayé avec Stanley d’amener le directeur à s’intéresser au développement du tourisme solidaire mais en vain. Déçus par son manque d’éthique, Stanley a pris la difficile mais excitante décision de se lancer à son compte. Une partie de l’équipe l’a suivi et l’agence Osiwoo Safaris est née. Avec son loyal acolyte Joseph, ils font un travail d’enfer !

Leur objectif n’est pas de faire fortune, mais vivre de leur passion, créer des emplois et surtout, pratiquer un tourisme différent dans leur pays. Dès qu’ils peuvent, il prennent des stagiaires dans leur compagnie. Cette année, ils ont pris sous leur aile Grace, une jeune fille qui doit faire sa place dans le milieu très masculin des guides de safari ! Stanley est particulièrement attaché à la cause féminine. Il a beaucoup de projets au sujet de l’éducation et l’émancipation des jeunes filles qui sont encore trop souvent sous l’emprise de la domination masculine et des traditions aliénantes.

Avec Osiwoo Safaris, Stanley propose l’ascension du Kilimanjaro et du Mont Meru mais aussi des randonnées hors des sentiers battus dans les montagnes Usambara ou la vallée du Rift. Il est spécialisé dans les excursions culturelles et rencontres avec les différentes ethnies.

Il organise des safaris dans tous les parcs nationaux avec des chauffeurs et guides qualifiés, mais ne fait pas de « join group » par souci de qualité des prestations, même s’il pourrait ainsi proposer des formules plus économiques. Donc s’il organise votre safari, c’est en voyage privatif. Car ce qu’on appelle un « join group » ici c’est tout simplement refiler un client à une autre agence qui a un groupe sur le départ mais dont on ne garantit pas le sérieux!

Je collabore avec plusieurs partenaires chacun choisi avec soin pour ses qualités professionnelles et humaines. Stanley est mon partenaire privilégié pour les safaris en bivouac ou en lodge dans les parcs du nord. Dans ma recherche quotidienne d’alternatives à notre société de consommation, de commerce équitable, de respect de la nature, et de voyage responsable j’ai trouvé en Stanley un bon partenaire de travail.

Il est la personne la plus gentille et prévenante que j’ai rencontrée, et après six ans de travail ensemble, à distance le plus souvent, et sur place aussi, nous nous sommes mariés comme une évidence en juin 2018. Je suis depuis beaucoup plus présente à Moshi bien sûr !

Je peux vous donner toutes les informations  en français si vous remplissez le formulaire dans l’onglet « contact ». Un appel téléphonique est le meilleur moyen de me présenter votre projet.

 (+33) 06.45.89.61.34 (sur what’s app si je suis en Tanzanie)

On a de bons guides francophones en Tanzanie, et Stanley en a quelques uns parmi ses amis et collaborateurs. Quand je vais là-bas, je teste leur niveau de français! Et les commentaires des gens qui en reviennent nous aident aussi beaucoup à améliorer plein de petits détails. En passant, merci aux 125 groupes que j’ai aidés depuis sept ans à organiser leur séjour en Tanzanie pour leurs commentaires détaillés!

La joie d’atteindre le sommet !

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3 réflexions sur “Faire un safari

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