Jour 8: En route

La traversée de la zone de conservation- Les Maasai

De Mto wa Mbu à la porte du Serengeti, il y a encore 4 heures. Après un ravitaillement en essence à Karatu, nous  entrons dans la zone de conservation du Ngorongoro. Les paysages sont lunaires. Ici et là, une « boma » Maasaï, un village entouré d’une palissade. Le bois de celle-ci est réputé pour éloigner les lions. A l’entrée de certaines bomas, une dizaine de 4×4 sont arrêtés. J’interroge Ally: les Maasaïs font du business avec le tourisme? Cette question est devenue une problématique centrale de mon activité. Depuis cette première expérience j’ai pu comprendre que les Maasai sont un peuple uni par les traditions, mais ils ont des modes de vie assez diversifiés.  Sur la route principale qui mène au Serengeti, deux bomas sont prises d’assaut par les touristes. Et ce n’est pas plus représentatif de la vie Maasai en Tanzanie que l’écomusée d »Ungersheim est représentatif de la vie en Alsace en 2017. Heureusement depuis j’ai pu trouver des villages authentiques un peu plus éloignés de la route.

Sur cet axe entre Manyara et Serengeti, dans l’aire de conservation où ils ont été déplacés, lors de la constitution du Serengeti, parfois ils se tiennent au bord de la route pour demander de l’eau aux 4×4. Ca leur évite de parcourir des kilomètres avec les ânes pour en chercher. Je demande à Ally pourquoi on ne leur en donne pas. Ally me répond que si on s’arrête une fois pour leur en donner, à chaque prochain safari, ils repèreront les voitures de notre agence et s’attendront à ce que l’on s’arrête. Ce n’est pas possible de donner à tous et à chaque fois. Je souhaiterais leur donner mais je comprend qu’il n’est pas dans leur intérêt d’attendre l’assistanat des touristes.

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Nous croisons également de nombreux adolescents Maasaïs au visage peint de motifs blancs. C’est l’époque avant la cérémonie de la circoncision.

De temps en temps, on croise un troupeau entier de zébus ou une dizaine d’ânes menés par un homme qui marche, dans cette immense plaine mystérieuse. Nous sommes gagnés par la beauté du paysage, où parfois seul se dessine un  trait vertical rouge à l’horizon, un homme de ceux qui parlent le Maa.

Bientôt, au milieu de nulle part se dresse une arche de bois qui indique l’entrée du Serengeti. Autour, des plaines à l’herbe rase où d’innombrables gazelles de Grant et de Thompson paissent dans le sifflement du vent.

Premiers émois au Serengeti

Quelques minutes plus tard, apparaît la porte du parc nommée Naabi Gate. On s’arrête pour payer les frais d’entrée et pique niquer. On s’est crus seuls dans le désert; ici on est peut-être deux cent touristes qui dévorent leur lunch box ou font la queue aux toilettes. C’est le mois d’août, ici aussi! Mais seulement aux points stratégiques, une fois dans la savane, on ne sent plus que l’immensité.

J’imagine les lions dans leur jeep en sens inverse, qui disent: « Nous quand les touristes arrivent, on loue un appartement à Roubaix! »

N’importequoi…

On redémarre, en direction de la zone de Seronera, où nous allons camper ce soir. On fait le tour des Kopjes, ces monticules de rochers où les lions aiment faire la sieste… rien en vue. Idir allume la cibie des guides. Les chauffeurs se renseignent mutuellement s’il y a quelque chose de rare à voir. Quand un guide trouve un animal à observer, il prend son temps, et seulement en partant donne l’indication du lieu. Alors tous les 4×4 convergent doucement au même endroit, mais on ne voit pas un guépard tous les jours!

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Parmi tous les animaux qu’on aura vus ce premier après-midi au Serengeti, je retiens surtout les deux premiers lions: deux mâles couchés au pied d’un bosquet, magnifiques crinières dans le coucher du soleil. Ils étaient assez loin, mais avec les jumelles nous avons bien pu les observer, et ce sans nullement les déranger.

Au camping, nous découvrons à quel point le confort est sommaire: deux douches pour tout le site, eau froide, pas de lumière, toilettes dans un état désastreux. Les agences n’y peuvent rien, et les TANAPA (Tanzanian National Parks) s’en tamponnent le coquillard.

Suleiman nous fait encore un repas de rois. Nous dînons dans un bâtiment grillagé, éclairé par des néons qui fonctionnent à l’énergie solaire. Nous sommes ainsi protégés des animaux qui trouveraient l’odeur de la cuisine alléchante.

Dans la tente, je réalise que nous sommes sur le territoire des bêtes, sans séparation, et je me sens terriblement chanceuse d’être là.

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La malaria ou paludisme

Se protéger contre les moustiques est indispensable, une seule piqûre suffit pour la transmission des parasites de la malaria ou du virus de la dengue. Les moustiques piquent principalement entre le crépuscule et l’aube. Soyez particulièrement vigilants avec les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Spectacle brésilien de prévention contre la dengue

Vous trouverez toutes les informations sur le site de l’Institut Pasteur, ici.

Pour ma part, j’ai emporté une moustiquaire imprégnée, mais chaque chambre où j’ai dormi en était déjà équipée. Je n’ai pas utilisé de répulsif pour vêtement, seulement Insect Ecran pour la peau, et des vêtements amples et longs. Il y a peu de moustiques à Arusha/Moshi à la saison froide.

La première année, j’ai pris un traitement à la doxycycline, parce que c’est le moins cher, mais j’ai souffert de l’intolérance au soleil que cela provoque. Heureusement le mois de juin à Arusha c’est 15 degrés à midi et une épaisse couche de nuages!

Lors de mon séjour à Nairobi, j’étais hébergée par un couple , Eunice et Georges (via couchsurfing) . Eunice venait de sortir d’une grosse crise de malaria quand je l’ai rencontrée. Elle était faible et ressentait des douleurs articulaires et abdominales. Elle m’a avoué qu’elle sortait à peine de l’hôpital où elle avait cru y rester. Pourtant elle n’a pas voulu annuler mon séjour chez elle! Je lui ai dit que j’aurais pu chercher quelqu’un d’autre et la laisser se reposer, mais elle tenait tant à rencontrer une française! Selon Georges, elle aurait attrapé le parasite lors d’un séjour au « village », à 12 heures de route de la capitale. C’était sa troisième crise en dix ans, et la plus violente.

Eunice et Georges tout fatigués