La Tanzanie change la vie!

Développer le voyage solidaire

C’est toute ma vie professionnelle qui a été bouleversée par ce pays. En recommandant d’abord mes rencontres tanzaniennes à des gens de mon entourage, puis à des lecteurs de mon blog, j’ai découvert avec surprise que j’étais faite pour organiser, conseiller, repérer, prospecter, sélectionner, et développer une activité autour du voyage avec des valeurs solidaires et équitables. J’ai acquis l’expertise du terrain, que ce soit de la connaissance des itinéraires, des saisons, de la faune sauvage, des ethnies, de la culture swahilie, mais aussi la connaissance approfondie du fonctionnement des agences de voyage locales, les tarifs pratiqués, les relations entre tous les acteurs du tourisme, la manière de traiter avec eux, en circuit court,  dans un objectif de tourisme équitable.

En cinq ans j’ai aidé des petites agences locales à avoir une visibilité parmi les voyageurs francophones, grâce aux bons commentaires des clients à leur retour, sur les forums des guides touristiques.

Danny, chauffeur et Thomas, guide francophone

Chaque année, je retourne en Tanzanie pour développer cette activité et accomplir les missions listées ci-dessous:

  • accompagner un groupe sur un séjour aventure
  • travailler avec mes partenaires locaux Osiwoo Safaris et Amo Zanzibar Tours
  • assurer un suivi avec les programmes de tourisme culturels comme celui de Mama Gladness à Tengeru
  • visiter des hôtels, contrôler leur qualité, rencontrer de nouveaux managers
  • tester des prestations, activités, repérer de nouveaux territoires
  • s’immerger dans la culture swahilie pour de meilleures relations inter culturelles
  • se réunir avec les guides francophones pour le bilan annuel

En 2016 ma propre association de voyage solidaire a vu le jour, TUMBILI.

Banderole Finale

Tumbili, expertise et solidarité

Mon objectif est de promouvoir le voyage utile, en soutenant des initiatives locales en Tanzanie et à Zanzibar. J’ai rencontré des acteurs locaux du changement, que ce soit dans le domaine de l’éducation, l’environnement, la santé ou la conservation animale. De petites associations créées par des natifs ou habitants du pays méritent qu’on les mette en lumière!

Pour exemple, voici Hamis.

Hamis, gestionnaire de la forêt de Rau

Hamis, gestionnaire de la forêt de Rau

Il est né dans un village près de Moshi, à côté de la forêt de Rau. Il a grandi en voyant les villageois se servir en bois et décimer la diversité des espèces. Avec deux jeunes habitants du village, il a demandé au gouvernement l’autorisation de s’occuper de la gestion responsable de la forêt. Depuis, il fait des actions de sensibilisation auprès des écoles, afin d’éduquer à ne pas jeter les déchets dans la forêt; il organise des sorties naturalistes à la rencontre des colobes guereza et des oiseaux des rizières; il crée de l’emploi auprès des mamas du village en les sollicitant pour préparer les repas et héberger les voyageurs, il apprend aux villageois à privilégier la coupe d’espèces à pousse rapide et à prendre soin de la nurserie des petits arbres.

Tumbili propose que chaque ascension du Kilimanjaro réservée par un voyageur soit associée au soutien de l’association de Hamis. Au choix du voyageur, soit on reverse une somme correspondant à une journée d’éco tourisme avec Rau Ecotour, soit on s’accorde une journée pour la vivre!

Rencontre au bureau de Rau Ecotour

Rencontre au bureau de Rau Ecotour

La démarche a intéressé un prospecteur du Petit Futé, Jean Marc, qui est allé tester les services des agences locales lors d’une tournée en Tanzanie: et hop! Tumbili est référencé ici !

Ceci dit, il est temps de relater le merveilleux voyage de mai 2017, qui a suscité une profonde réflexion chez tous les collaborateurs de Tumbili et Hotsun, et a donné le jour à une nouvelle entreprise solidaire au pied du Mont Kilimanjaro: Osiwoo Safaris.

Il est à parier que bientôt ce nom sera connu du voyageur francophone, car il est l’étendard d’une équipe expérimentée, dynamique et engagée dans le soutien aux communautés locales.

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La forêt de Jozani et le centre des papillons de Pete

Une espèce endémique

Rien ne m’excite plus que de savoir que je vais voir une espèce qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde. Même si ce n’est qu’une sous espèce. Les colobes bai de Kirk, ou colobes roux de Zanzibar, sont appelés par les habitants « singes poison » (kima punju). Cela viendrait de leur odeur, mais a fait dériver les croyances et l’on raconte à tort qu’ils tuent les arbres sur lesquels ils vivent. Ils ont été tués à cause de cette histoire, mais aujourd’hui ils sont protégés dans le parc national de Chwaka Bay et notamment la forêt de Jozani.

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Les singes sont parfois loin dans la forêt, parfois au bord de la route. Les voitures ralentissent pour les regarder traverser, mais il est interdit de s’arrêter prendre des photos sans régler les droits d’entrée qui vont à la conservation de l’espèce.

On se rend d’abord au guichet où l’on peut se documenter à l’aide de quelques panneaux explicatifs, puis le guide nous emmène dans la forêt. Généralement il n’y a rien à craindre, mais nous avons fait une rencontre venimeuse!

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Les colobes sont dans la forêt. Ils sont magnifiques, avec leur nez rose et leur pelage hirsute. Ils n’ont pas peur des visiteurs. Je les observe longtemps, face à face entre primates…

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Il existe d’autre colobes roux, par exemple dans le Parc National des Udzungwa Mountains, on peut trouver la sous espèce d’Iringa. Ils n’ont pas ce panache blanc autour de la tête.

Nous allons ensuite visiter la mangrove un peu plus loin, avec force d’explications sur cet étonnant écosystème.

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Pour le déjeuner, une mama locale nous a préparé un plat typique de Zanzibar, du poisson en sauce aux épices, riz pilau, cortège habituel de fruits et chapati. Hmmm!

Un cercopithèque diadème ou singe bleu

Un cercopithèque diadème ou singe bleu

Il reste à visiter le centre d’élevage de chenilles au village de Pete. Rien de spectaculaire car les papillons sont de tailles et de couleurs tout à fait ordinaire, mais l’initiative vaut le détour si on le combine avec Jozani. Afin de commencer à préserver la forêt que les habitants exploitaient sans mesure, il a fallu donner une autre source de revenus aux villageois. On leur a donc proposé d’élever des papillons et d’en faire un centre touristique. Les habitants, et habitantes, car c’est une activité qui promeut aussi le travail des femmes, se chargent de nourrir les chenilles, récolter les cocons et les ramener au centre pour l’éclosion.

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Jour 2 – Dar Es Salaam

Réveil difficile

Je crois bien qu’on a discuté jusqu’à cinq heures du matin, et la femme de ménage a déjà chercher à entrer plusieurs fois dans la chambre. On va prendre le petit déjeuner dans le bâtiment en face, chapatis et thé au lait. Mal réveillée, le cerveau lent, je ne parviens pas à répondre aux salutations en swahili. En un an, je n’ai pas été plus loin que la leçon 20 de la méthode Assimile, je ne me sens pas très fière…

Le programme: une journée à Dar avant de rentrer à Moshi demain matin. Comme on est très fatigués, on décide de seulement flâner au centre ville. Mais avant tout, je dois voir pour la première fois de ma vie… l’océan Indien!

A l’arrêt de bus

A l’arrêt de bus, j’essaie de réaliser et de réveiller mes sens: je suis en Tanzanie, pour un mois, je vois la terre, les gens habillés de couleurs vives, les charrettes écrasées de fournitures,  j’entends le swahili,  l’anglais,  l’arabe, les camions, les vendeurs qui crient; je sens le maïs grillé, la poussière, les gaz d’échappement, la transpiration des gens qui se bousculent pour monter dans les bus. Il y a quelque chose d’ étranger et en même temps d’extrêmement familier.

Dans le dala dala

Ally me fait monter à l’avant du dala dala et discute avec le chauffeur. Dans les semaines suivantes, je remarquerai que le sujet de prédilection avec les chauffeurs de bus ou de taxi, c’est la politique du gouvernement actuel, la corruption, et la nostalgie du « père de la nation », Julius Nyerere. Ally m’assure que de son temps, Nyerere se déplaçait dans le bush pour régler les conflits des villageois, et qu’il avait une ligne téléphonique pour les Tanzaniens.

Je m’imagine téléphoner à Sarkozy: « Oui bonjour, j’ai un problème avec mon proprio, il ne veut pas faire les travaux, et au fait, j’aime pas votre politique d’immigration, on peut en discuter au café de mon village? »

Ocean Road

Arrivés au port, Ally me montre où se prend le ferry pour Zanzibar. J’évoque les catastrophes récentes: après le Spice Islander en 2011, le MV  Skagit a fait naufrage en juillet, en tout 350 morts, le pays endeuillé, le ministre des transports qui a démissionné… Ally accuse les propriétaires de compagnie maritime, qui pour faire plus de profit, utilisent des bateaux qui selon la loi ne devraient plus circuler depuis des années. De plus, ils sont surchargés, alors la moindre intempérie peut être fatale.

Je sais depuis qu’il faut envoyer les voyageurs uniquement sur les « Kilimanjaro I, II, III, IV, V » (voir site). Les catamarans d’Azam Marine sont bien entretenus et recommandés par l’ambassade.

Nous longeons le port jusqu’à Ocean Road, et là je vois enfin l’océan Indien. Le long de la route, des vendeurs de noix de coco somnolent à l’ombre. Si je veux goûter? Et comment!

Au-delà, c’est Zanzibar!

Alors c’est comme ça que ça s’ouvre? Pas de marteau? Juste un coutelas de guerrier Maassaï super aiguisé, que si le vendeur il t’aime pas, il t’égorge?

Mmmh!

D’abord on boit le lait, puis le monsieur vous tend des petits bouts de chair blanche. Ça a le goût de la coco, mais la texture du calamar! Je suis contente, je ne connaissais que la chair dure qu’on peut râper.

A l’ombre

On se promène le long de la plage. Il y a des coquillages que je n’avais vus que dans les magasins du bord de mer en France. Apparemment, ce n’est rien à côté de ceux de Zanzibar. Mais ça, c’est dans trois semaines.

Je n’ai pas vu grand chose de Dar es Salaam, il paraît qu’il y a de magnifiques endroits pour la plongée. Là encore, il faudra revenir!

Mais demain, on se lève à cinq heures: on a une journée de bus pour gagner Moshi. A bientôt, l’océan, tutaonana tena!

Jour 1 – Narudi Tanzania (Je reviens en Tanzanie)

C’est parti mon Kili

J’ai eu un début d’été chargé et peu de temps pour réaliser. Mais j’y suis, comme l’année dernière. Dans un avion qui m’emporte pour un mois, seule, vers un pays dont je ne connais que quelques rues de centre-ville, quelques routes de campagne, quelques habitants isolés.

J’ai peur d’être déçue. J’ai peur de passer une nouvelle fois à côté des grands parcs sans y entrer, au pied du Kilimandjaro sans le voir, à cause d’un budget trop petit, d’une météo peu clémente. J’ai peur que quelqu’un meure pendant que je suis loin, comme l’année dernière. C’est irrationnel.

Ce point du monde…

Pourtant cette fois c’est différent. Depuis l’année dernière, je suis en relation avec Ally, le directeur d’une agence locale à Moshi. J’ai appris l’organisation d’un safari, les tarifs, les excursions à Zanzibar, l’équipement pour grimper le Kili. D’ailleurs, maintenant, je dis le « Kili », pour aller vite, mais j’aime pas ça. Ça lui enlève de la noblesse. On est pas si intime. Pas encore.

L’heure de la pratique a sonné. J’ai un peu plus de budget que l’année dernière, un peu plus de gens qui m’attendent sur place. J’ai envoyé une dizaine de voyageurs français, belges, canadiens auprès de l’agence, j’ai récolté leurs commentaires à leur retour. Tous ont été satisfaits des prestations, de la nourriture, de l’accueil, de la gentillesse de l’équipe. Alors j’ai eu envie de me lancer vraiment dans l’aventure; d’établir un vrai partenariat avec l’agence de Moshi. Et de voir par moi-même comment ça se passe en vrai.

Un autre trajet

Istanbul

Tiens, cette fois, j’essaie Turkish Airlines. Après tout, il faut aussi que je teste les compagnies aériennes! Le coucher de soleil sur Istanbul me plonge dans cette béatitude du voyageur qui ne sait pas ce qui l’attend à destination, mais confiant, range dans sa mémoire des instantanés du trajet en lui-même. L’art de voyager de Montaigne! De nos jours, on est si pressés d’arriver qu’on oublie de rêver en route.

Je ne reverrai pas Eunice à Nairobi cette année. J’atterris à Dar es Salaam, à trois heures du matin. La file d’attente pour les visas n’en finit pas. Ally a tenu à m’accueillir à l’aéroport. Il a donc passé la journée dans le bus pour venir de Moshi, et maintenant il m’attend au milieu de la nuit, le pauvre!

Dans le hall d’arrivée, son visage s’éclaire en me voyant. On est si contents de se retrouver! Après un an de conversations sur Skype pour qu’il m’aide à établir des devis, faire des propositions intéressantes pour les clients comme pour l’agence, parler de chiffres, de listes de matériel, des animaux, des paysages, d’hôtels, de 4×4, des différentes ethnies…

On prend un taxi pour la chambre d’hôtel qu’il a réservée.

« Ah, on dort dans la même chambre?

– Ben oui c’est moins cher, et puis il y a deux lits, et chacun sa moustiquaire »

C’est parti! Je mets en route toutes les qualités requises: capacité d’adaptation, patience, courage, auto-persuasion. Quatre semaines sans problème avec un monsieur que je connais à peine, c’est possible!

Et ce fût possible mais non dénué d’embûches ! Utilisation malicieuse d’un passé simple pour rappeler au lecteur que le récit de ce nouveau voyage ne se fait pas en direct. Il s’est déroulé en août-septembre 2012. Et je me délecte à le revivre en écrivant. Bienvenue dans le tome II !

Jours 23-25 et aujourd’hui

Jour funeste

Le 8 juillet au matin, j’ai remis ma carte sim française dans mon téléphone, pour passer un petit coup de fil à ma mère pour son anniversaire. C’est ainsi que j’ai appris le décès de mon père dans la nuit du 6 au 7. Avant d’être rapatriée, j’ai pu passer un peu de temps avec Stanley qui m’a soutenue dans ce moment difficile. C’était en juillet 2011 et à ce jour, Stanley est devenu plus que mon meilleur ami.

Nouveau départ

La première année avant d’y retourner une deuxième fois,  j’ai envoyé une dizaine de personnes en safari ou faire l’ascension du Kilimanjaro auprès de l’agence locale. Ils sont tous revenus enchantés des prestations de l’équipe d’Ally.  Puis est venu mon tour.

Voici donc un nouveau récit de voyage, agrémenté de photos beaucoup moins merdiques (on peut le dire!) que les précédentes. En 2012, j’ai enfin vu (et plus que vu d’ailleurs, je l’ai senti passer ! )le Kilimanjaro, les lions, et la magnifique île de Zanzibar.

N’hésitez pas à poster un commentaire ou faire suivre le lien.

En route pour de nouvelles aventures !

Tutaonana tena (à bientôt)

1. Et pourquoi en Tanzanie?

Question récurrente! Je bafouille toujours une réponse improbable, parce que, soyons honnête, je n’en sais rien.

« Pour la faune sauvage, les arbres, les tribus… parce que « Le Lion » de Kessel est une lecture d’enfance peut-être…

– Ben oui mais ça se passe au Kenya, alors pourquoi pas le Kenya?

-…

-Hein? Pourquoi en Tanzanie?

-Heu, Jules Verne aussi c’est un livre que j’aimais bien, il fait partir les héros de « Cinq semaines en ballon » de Zanzibar, et survoler la savane et le lac Victoria…

– Oui mais bon, ils survolent aussi le Tchad et ils atterrissent au Sénégal.

-Le tourisme en Tanzanie c’est moins cher qu’au Kenya…

-Non.

-Le Roi Lion ça se passe dans le Ngorongoro non?

– Ben tiens et comment tu peux savoir ça?

– C’est un truc que je sens, tu vois… le rocher de Mufasa, il domine une immense plaine, ça ne peut être que le fameux cratère… »

Bref, j’ai eu l’argument bancal mais à présent je sais quoi répondre:

C’est là qu’on parle l’authentique kiswahili, c’est donc l’idéal pour mon apprentissage de la langue.

Mais au fond, parfois, je crois qu’il n’y a pas d’autre explication qu’une envie profonde de partir pour une destination précise. Et d’y retourner!

En attendant,  voici mon expérience tanzanienne. N’hésitez pas à commenter mes posts, que vous connaissiez bien la Tanzanie ou que vous n’y ayez jamais mis l’orteil. Ca me fera plaisir!